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Fasciite plantaire: pourquoi elle revient, et comment s’en sortir vraiment

Photo du rédacteur: Boris Laub Ostéopathe
Boris Laub Ostéopathe
il y a 5 heures
10 min de lecture
Douleur de fasciite plantaire : une personne assise sur un lit se tient le talon, dans une chambre lumineuse.

Vous pensiez en avoir fini. Depuis quelques jours, votre talon se faisait oublier. Vous aviez repris vos promenades, peut-être même un peu de sport. Puis, un matin, au premier pas hors du lit, la douleur est revenue. Au même endroit. Et avec elle, cette question: « Pourquoi ça recommence alors que ça allait mieux? »


La douleur sous le talon lors des premiers pas est caractéristique de la fasciite plantaire, aussi appelée aponévrosite plantaire. Elle peut s’atténuer après quelques minutes de marche, sans que le problème soit complètement résolu. Ce tableau reste toutefois à confirmer par un examen.


Peut-être avez-vous déjà changé de chaussures, massé votre pied ou mis vos activités entre parenthèses. Quand le soulagement ne dure pas, on finit par hésiter : faut-il marcher davantage, se reposer encore ou essayer un autre traitement?


Pour sortir de cette alternance entre mieux et rechute, il faut comprendre ce qui entretient la douleur et construire une reprise adaptée. Les activités, les exercices et les soins ont chacun une place à définir selon votre situation.


Commençons donc par regarder ce qui se passe sous votre pied, pour avancer vers un objectif simple: retrouver le plaisir de marcher sans appréhender le prochain pas.


Sommaire



Comprendre ce qui fait mal sous votre pied


Quand votre talon vous fait souffrir, vous pouvez souvent montrer l’endroit avec un doigt. Un point précis, sous le pied, qui se rappelle à vous dès que vous prenez appui. Pour comprendre cette douleur, suivons la structure qui relie cette zone à l’avant du pied: le fascia plantaire, également appelé aponévrose plantaire.


Cette bande de tissu résistante contribue au soutien de votre voûte plantaire. Imaginez un hauban sous une arche: il participe à sa stabilité et supporte les tensions lorsque vous marchez ou courez. Habituellement, ce travail se fait sans que vous y prêtiez attention.

Fasciite, aponévrosite: de quoi parle-t-on?


Ces deux noms désignent habituellement la même affection. Leur terminaison en « -ite » évoque une inflammation. On imagine alors une zone irritée qu’il suffirait de laisser se calmer.


Mais les formes persistantes ne se résument pas toujours à une inflammation. Des analyses de tissus prélevés chez des patients opérés ont notamment montré des modifications et une désorganisation des fibres du fascia. Ces observations concernent des cas particuliers et ne décrivent pas nécessairement ce qui se passe dans chaque pied douloureux. Elles expliquent toutefois l’emploi du terme plus général de « fasciopathie plantaire ».


Retenez surtout ceci: le nom donné à votre douleur ne suffit pas à comprendre pourquoi elle dure, ni à choisir les soins qui vous conviennent.


Le talon donne un indice, l’examen précise le problème


Une douleur sous le talon, particulièrement présente lors des premiers pas après le repos, oriente vers une fasciopathie plantaire. Mais d’autres problèmes, comme une irritation nerveuse ou une fracture de fatigue, peuvent aussi faire souffrir cette région. L’entretien et l’examen permettent de faire la distinction; une imagerie n’est pas systématiquement nécessaire.


Changer de regard

Votre douleur a une localisation, mais aussi une histoire. Le moment où elle apparaît, les activités qui la réveillent et son évolution au fil des semaines sont autant d’indices utiles pour comprendre votre situation.

C’est cette histoire que nous allons maintenant suivre: qu’est-ce qui peut expliquer que votre talon se fasse oublier, puis recommence à vous faire souffrir ?


Illustration anatomique du pied montrant le calcanéum et la fascia plantaire, avec l’attache au talon sur fond clair.

Pourquoi la douleur au talon peut-elle revenir?


Quelques jours plus confortables, une promenade sans difficulté… et vous reprenez confiance. Vous rallongez le parcours, retrouvez vos habitudes. Puis, un matin, votre talon se rappelle à vous.


Avant de chercher une explication, une première question mérite d’être posée: la douleur avait-elle complètement disparu, ou s’était-elle simplement atténuée? Cette distinction aide à comprendre si vous traversez un nouvel épisode ou les fluctuations d’un problème encore présent.

Retrouver ses habitudes, parfois un peu vite


Quand on a moins mal, l’envie de reprendre est naturelle. La promenade de vingt minutes redevient une sortie d’une heure. On remet ses baskets pour courir le parcours habituel.


La progression des activités est alors une piste à examiner. Le guide de bonnes pratiques de Morrissey et ses collègues recommande d’accompagner leur reprise et d’éviter les augmentations trop rapides. Un parcours familier peut nécessiter une reprise par étapes, même lorsqu’on se sent mieux. Cela peut éclairer le retour des symptômes, sans expliquer toutes les récidives.

Les efforts que l’on ne compte pas


« Pourtant, j’ai arrêté le sport… »


Peut-être. Mais votre pied continue à vous porter au travail, pendant les courses et dans les déplacements. Une longue journée debout compte aussi, même sans baskets ni chronomètre.


Pour comprendre ce qui entretient les symptômes, il faut donc regarder l’ensemble de la journée. Fractionner les périodes prolongées debout fait notamment partie des adaptations proposées dans les recommandations.

Quand la douleur n’a jamais vraiment disparu


Si le talon reste sensible malgré les soins, la question devient différente: la prise en charge apporte-t-elle une amélioration suffisante?


La réponse ne consiste pas automatiquement à ajouter du renforcement. Dans un essai de 2023 portant sur 180 patients, son ajout à des conseils et à une talonnette n’a pas montré de bénéfice supplémentaire sur la douleur.


Changer de regard

Plutôt que de conclure « je repars à zéro », observez ce qui a changé: la douleur avait-elle disparu? Avez-vous marché davantage? Les soins vous aident-ils durablement? Ces repères rendent le bilan plus concret.

Il reste maintenant à choisir les soins et les adaptations qui correspondent à votre situation, pour retrouver progressivement une marche plus confortable.


Affiche en français sur la douleur au talon: femme en randonnée, debout en boutique puis assise massant son pied.

Comment soulager le talon et retrouver une marche plus confortable?


Pouvoir se lever sans appréhender le premier pas. Faire ses courses sans chercher un endroit où s’asseoir. Reprendre une promenade pour le plaisir. Ce sont ces changements concrets qui donnent du sens au traitement.


En consultation, la première question est donc simple: qu’est-ce que votre douleur vous empêche de faire aujourd’hui? Votre réponse, l’examen et les effets des soins déjà essayés permettent de choisir une prise en charge adaptée.

Commencer par rendre le quotidien plus confortable


Si votre talon devient douloureux après une longue sortie ou plusieurs heures debout, répartir ces efforts peut être un premier ajustement. Une promenade temporairement plus courte, des pauses dans la journée: ces changements se construisent en fonction de vos possibilités.


Les étirements spécifiques du fascia plantaire font également partie des approches proposées dans les recommandations. Ils accompagnent les conseils sur les activités et les chaussures, selon vos symptômes et vos habitudes.

Lorsque la douleur demande d’autres soins


Malgré ces adaptations, le talon peut rester gênant. D’autres options peuvent alors être discutées, notamment les ondes de choc focales et le dry needling avec neuromodulation.


Les ondes de choc focales ont montré un bénéfice supérieur au placebo dans un essai portant sur des formes chroniques. Le dry needling avec neuromodulation — qui associe des aiguilles à une stimulation électrique — a également apporté un bénéfice supplémentaire lorsqu’il était ajouté à un programme comprenant thérapie manuelle, exercices.

L’approche que j’utilise au cabinet


Dans ma pratique, j’observe des résultats particulièrement encourageants en associant le dry needling, une neuromodulation ciblant le nerf tibial et le nerf plantaire latéral, des ondes de choc focales et des étirements.


Concrètement, la neuromodulation utilise une stimulation électrique délivrée par des aiguilles placées à proximité de nerfs ciblés. Elle se distingue ainsi d’un travail dirigé principalement vers les muscles.

Observer ce qui change entre les séances


Le soulagement ressenti en consultation compte. Ce que vous retrouvez dans les jours suivants compte aussi.


Changer de regard

Les premiers pas sont-ils plus confortables? Pouvez-vous marcher plus facilement? L’amélioration se maintient-elle entre les séances? Ces repères donnent une place concrète à vos progrès.

Ils permettent de décider si les soins doivent être poursuivis ou ajustés, avec un objectif: retrouver les activités qui comptent pour vous.


Infographie sur la fasciite plantaire montrant ondes de choc, dry needling et étirement du fascia plantaire.

Quelle place pour la thérapie manuelle et l’ostéopathie?


Vous montrez du doigt la zone douloureuse sous votre talon. Pourtant, pendant l’examen, le praticien mobilise aussi votre cheville et s’intéresse à votre mollet. Ce détour a un objectif : rechercher une difficulté de mouvement ou un manque de souplesse qui mérite d’être pris en charge.


Les dernières recommandations soutiennent ainsi l’utilisation de techniques manuelles ciblées sur les articulations et les tissus du membre inférieur, pour contribuer à réduire la douleur et améliorer la fonction.

Partir de ce qui vous gêne réellement


Une cheville qui manque de mobilité, un mollet dont l’étirement est limité: ces éléments peuvent orienter le choix des gestes. Selon le bilan, le travail manuel peut comprendre des mobilisations articulaires ou des techniques sur les muscles et les tissus qui les entourent.


L’objectif est de rendre les mouvements plus confortables et de faciliter vos activités.

Dans une consultation d’ostéopathie, cette approche permet de relier l’examen aux difficultés que vous décrivez: dérouler le pied en marchant, descendre un escalier ou rester debout.

Une aide dont l’intérêt dépend de votre situation


Le travail manuel peut trouver sa place parmi les soins, mais ajouter des techniques ne garantit pas davantage de soulagement. Un essai n’a pas retrouvé de bénéfice supplémentaire en ajoutant des mobilisations de la cheville et du pied à un programme d’étirements et d’ultrasons. Ce résultat concerne les mobilisations étudiées et rappelle l’importance de vérifier leur apport dans chaque situation.

Les recherches citées concernent des techniques de thérapie manuelle ; elles ne démontrent pas que l’ostéopathie, à elle seule, évite les récidives.


Changer de regard

Une limitation de mouvement retrouvée à l’examen est un élément du bilan. Elle ne suffit pas, à elle seule, à expliquer votre douleur ni à déterminer le traitement.

La thérapie manuelle peut ainsi compléter les autres soins présentés, lorsqu’elle répond à un besoin identifié. Si la douleur continue à limiter votre quotidien malgré cette prise en charge, il devient utile de reprendre le bilan et de discuter de la suite.



Et si la douleur persiste malgré les soins?


Vous avez adapté vos activités, suivi les conseils et essayé plusieurs soins. Pourtant, votre talon continue à dicter la longueur des promenades. Une question finit par s’installer: « Est-ce que je vais devoir vivre avec? »


Une fasciopathie plantaire peut demander plusieurs mois pour s’améliorer. Mais ce délai ne doit pas devenir une raison de poursuivre indéfiniment une prise en charge qui ne vous aide pas.


Lorsque la douleur stagne, s’aggrave ou reste très limitante, un nouveau bilan est utile.

Reprendre le bilan avec ce que l’on sait maintenant


Certains soins vous ont-ils soulagé? Pendant combien de temps? La douleur est-elle toujours au même endroit? De nouveaux symptômes sont-ils apparus?


Vos réponses permettent de faire le point sur l’évolution et de vérifier si la douleur correspond toujours au problème identifié au départ. Une radiographie ou une IRM n’est pas systématiquement nécessaire: elle peut être demandée lorsqu’une question précise se pose, notamment pour rechercher une autre cause, comme une fracture de fatigue. C’est l’examen clinique qui guide cette décision.

Savoir quand demander un avis médical


Une douleur qui s’aggrave, revient régulièrement ou empêche les activités habituelles mérite un avis médical. Des fourmillements ou une perte de sensibilité dans le pied doivent également être signalés.


En cas de douleur importante après un traumatisme ou d’impossibilité de marcher, une évaluation urgente est nécessaire. Ces situations demandent de vérifier rapidement l’origine des symptômes.


Changer de regard

Refaire le bilan ne signifie pas repartir de zéro. C’est utiliser ce que les premières étapes ont appris sur votre douleur pour mieux choisir la suite.

Vous n’avez pas à décider seul s’il faut attendre, poursuivre les soins ou changer d’approche. Ce point d’étape permet de partager vos inquiétudes et de définir la suite avec le professionnel qui vous accompagne.



Retrouver confiance dans ses pas


Au début de cet article, il y avait ce premier pas du matin, posé avec hésitation. Puis les promenades raccourcies et cette question : « Pourquoi mon talon me fait-il encore souffrir? »


Votre objectif est peut-être simplement de faire vos courses plus confortablement, de rejoindre des amis à pied ou de reprendre la randonnée. C’est à partir de ce que vous souhaitez retrouver que nous pouvons réfléchir aux soins à vous proposer.


Si votre douleur persiste ou revient régulièrement, je vous accueille au cabinet, à Espère, près de Cahors, pour faire le point sur vos symptômes et les traitements déjà essayés. Nous discuterons des possibilités adaptées à votre situation et, si nécessaire, d’un avis médical complémentaire.


Prenez rendez-vous pour en parler et faire le bilan. L’objectif: retrouver le plaisir de marcher sans avoir constamment votre talon à l’esprit.



A propos de l'auteur: Boris Laub, Ostéopathe D.O.


Homme barbu en polo bleu, concentré sur une tablette dans un bureau, devant des photos noir et blanc.

Boris Laub est ostéopathe D.O. et exerce l’ostéopathie depuis 2007 à Espère, près de Cahors. Initialement diplômé en kinésithérapie puis en ostéopathie à la Fondation EFOM Boris Dolto à Paris, et formé en anatomie à l’Université de Bordeaux, son parcours lui apporte une double lecture du corps: comprendre le mouvement, mais aussi rechercher les déséquilibres et les contraintes susceptibles de perturber son fonctionnement.


Ancien basketteur de haut niveau, il s’intéresse particulièrement aux douleurs musculosquelettiques et aux mécanismes biologiques qui permettent aux tissus de se réparer, de se remodeler et de s’adapter aux contraintes.


Son approche ostéopathique ne cherche donc pas uniquement à identifier la zone douloureuse. Elle vise à comprendre pourquoi un tissu est en difficulté, quelles contraintes peuvent entretenir le problème et quelles conditions peuvent favoriser son retour à une fonction normale.


Selon la situation, la prise en charge peut associer traitement ostéopathique manuel, travail sur la mobilité et les contraintes mécaniques, conseils de remise en charge et techniques complémentaires comme le dry needling.


L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître un symptôme, mais d’aider le patient à retrouver progressivement les capacités nécessaires à sa vie quotidienne, professionnelle ou sportive.


En parallèle de son activité clinique, Boris Laub est enseignant et formateur en ostéopathie et en kinésithérapie. À travers les articles de Cahors Ostéo, il souhaite partager une vision moderne de l’ostéopathie, nourrie par l’anatomie, la physiologie, l’expérience clinique et les données scientifiques sur la douleur et l’adaptation tissulaire.



Bibliographie


Comprendre la fasciopathie plantaire

  • Tseng, W. C., Chen, Y. C., Lee, T. M., & Chen, W. S. (2023). Plantar Fasciitis: An Updated Review. Journal of Medical Ultrasound, 31(4), 268–274. Texte intégral gratuit


  • Lemont, H., Ammirati, K. M., & Usen, N. (2003). Plantar fasciitis: A degenerative process (fasciosis) without inflammation. Journal of the American Podiatric Medical Association, 93(3), 234–237. Résumé PubMed


Recommandations et adaptation des activités

  • Morrissey, D., et coll. (2021). Management of plantar heel pain: A best practice guide informed by a systematic review, expert clinical reasoning and patient values. British Journal of Sports Medicine, 55(19), 1106–1118. Texte intégral gratuit


  • Koc, T. A., Jr., et coll. (2023). Heel Pain – Plantar Fasciitis: Revision 2023. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 53(12), CPG1–CPG39. Résumé PubMed


Ondes de choc focales

  • Gollwitzer, H., et coll. (2015). Clinically relevant effectiveness of focused extracorporeal shock wave therapy in the treatment of chronic plantar fasciitis: A randomized, controlled multicenter study. The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume, 97(9), 701–708. Résumé PubMed


Dry needling

  • Dunning, J., et coll. (2018). Electrical dry needling as an adjunct to exercise, manual therapy and ultrasound for plantar fasciitis: A multi-center randomized clinical trial. PLOS ONE, 13(10), e0205405. Texte intégral gratuit


Thérapie manuelle

  • Shashua, A., Flechter, S., Avidan, L., Ofir, D., Melayev, A., & Kalichman, L. (2015). The effect of additional ankle and midfoot mobilizations on plantar fasciitis: A randomized controlled trial. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 45(4), 265–272. Résumé PubMed


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