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Exercice thérapeutique: pourquoi le mouvement est indispensable à la réparation des tissus

  • Photo du rédacteur: Boris Laub Ostéopathe
    Boris Laub Ostéopathe
  • il y a 15 minutes
  • 23 min de lecture
le mouvement un signal pour nos tissus

Et si bouger faisait partie de la réparation?


Vous vous êtes fait mal.


Une cheville qui s’est tordue, un tendon qui commence à faire souffrir, un muscle qui tire après un effort…


Le premier réflexe semble évident:

« Il faut que je me repose pour laisser le temps à mon corps de réparer. »

Et cette idée n’est pas fausse.


Après certaines blessures, réduire temporairement les contraintes peut être nécessaire pour protéger le tissu et éviter de dépasser ses capacités du moment.


Mais il manque quelque chose à cette histoire.


Car pendant que nous attendons que nos tissus se réparent, eux continuent à nous écouter.


Lorsque nous marchons, montons un escalier ou contractons simplement un muscle, nos tissus se déforment légèrement. Pour nous, ce n’est qu’un mouvement. Pour les cellules qui les composent, c’est une information.


Elles sont capables de détecter certaines contraintes mécaniques et de les transformer en signaux biologiques susceptibles de modifier leur activité.


Ce phénomène porte un nom: la mécanotransduction.


Derrière ce terme un peu compliqué se cache finalement une idée assez fascinante:

Le mouvement peut devenir un message biologique.

Nos muscles, nos tendons, nos os et nos articulations ne sont donc pas de simples structures que l’on attend de voir cicatriser. Ce sont des tissus vivants qui s’adaptent en permanence aux contraintes qu’ils rencontrent.


Mais alors, faut-il bouger lorsqu’on est blessé?



Pas n’importe comment.

Trop de contraintes peuvent dépasser les capacités du tissu. À l’inverse, une absence prolongée de sollicitation peut favoriser le déconditionnement.


La véritable question devient alors:

« Quelle quantité de mouvement mon corps peut-il supporter aujourd’hui pour préparer ce qu’il devra supporter demain? »

Sommaire


La mécanotransduction: quand le mouvement parle à nos cellules


Dans l’introduction, nous avons laissé notre patient avec une question:


comment un simple mouvement peut-il devenir une information pour nos tissus?


Pour le comprendre, imaginons quelque chose de très simple.


Posez votre main sur une table et appuyez légèrement.


Vous ne voyez presque rien se produire.


Pourtant, sous votre peau, les tissus se déforment. Les muscles produisent une tension, les tendons la transmettent, les articulations supportent une pression.


Et à une échelle beaucoup plus petite, les cellules qui composent ces tissus perçoivent elles aussi ces changements.


C’est ici que commence la mécanotransduction.

Une cellule n’est pas isolée de son environnement


Nous imaginons parfois une cellule comme une petite structure flottant tranquillement au milieu d’un tissu.


La réalité est beaucoup plus dynamique.


Les cellules sont en interaction permanente avec leur environnement, notamment avec la matrice extracellulaire, cette architecture composée entre autres de collagène et de différentes protéines qui entoure et relie les cellules.


Lorsque cette matrice est étirée, comprimée ou mise en tension, la cellule peut elle aussi être déformée.


Et surtout, elle possède différentes structures capables de détecter ces changements mécaniques.


On peut les imaginer comme de minuscules capteurs.


Certains se trouvent au niveau de la membrane cellulaire, d’autres participent aux connexions entre la cellule et son environnement. Les intégrines, le cytosquelette et différents canaux ioniques mécanosensibles participent notamment à cette transmission de l’information mécanique.


Le principe général est finalement assez simple:


une contrainte mécanique arrive → la cellule la détecte → elle transforme cette information en signaux biologiques.


C’est cela, la mécanotransduction.

De la mécanique… à la biologie


C’est ici que les choses deviennent fascinantes.


Une cellule ne sait évidemment pas qu’un patient vient de monter une marche ou de réaliser un exercice de renforcement.


Elle perçoit autre chose:


une tension,


une compression,


une déformation,


un changement dans son environnement mécanique.


Ces informations peuvent activer différentes voies de signalisation à l’intérieur de la cellule et influencer son comportement.


Selon le tissu et le type de contrainte, cela peut notamment modifier l’expression de certains gènes, la synthèse de protéines ou encore le renouvellement de la matrice extracellulaire.


Autrement dit:

Nous appliquons une force à un tissu. La cellule transforme cette force en information. Et cette information peut participer à l’adaptation du tissu.

C’est le pont entre mécanique et biologie.


Une revue décrit précisément comment les cellules détectent les forces mécaniques et les convertissent en réponses biochimiques à travers différents mécanismes de mécanotransduction.

Notre corps utilise ce langage en permanence


Cette capacité n’apparaît pas uniquement lorsqu’un tissu est blessé.


Elle fonctionne toute notre vie.


Lorsque nous renforçons un muscle, les contraintes mécaniques participent aux signaux qui conduisent à son adaptation.


Lorsque notre squelette est régulièrement mis en charge, les cellules osseuses détectent elles aussi cet environnement mécanique et participent au remodelage osseux.


Les cellules tendineuses répondent également aux déformations du tendon.


Même le cartilage adapte son activité à l’environnement mécanique de l’articulation.


C’est pourquoi deux personnes qui possèdent, au départ, des tissus comparables peuvent progressivement développer des capacités très différentes selon ce qu’elles leur demandent.


Le corps d’un coureur s’adapte à la course.


Celui d’un haltérophile à déplacer des charges importantes.


Et celui d’une personne immobilisée s’adapte également… à la diminution des contraintes.



Cette dernière phrase est importante.

Car la mécanotransduction fonctionne dans les deux sens: notre organisme s’adapte à ce que nous lui demandons, mais aussi à ce que nous cessons de lui demander.

Et après une blessure?


C’est là que cette notion devient particulièrement intéressante pour la réparation tissulaire.


Lorsqu’un tissu est lésé, les cellules impliquées dans sa réparation évoluent elles aussi dans un environnement mécanique.


La quantité de contraintes qu’elles reçoivent, leur fréquence, leur direction ou leur intensité peuvent influencer les processus d’adaptation et de remodelage.


Cela ne signifie surtout pas que « bouger répare automatiquement ».


Une contrainte trop importante ou appliquée au mauvais moment peut dépasser les capacités du tissu.


Mais cela signifie que la mécanique ne doit pas être considérée comme extérieure à la réparation biologique.


Elle en constitue l’un des éléments de l’environnement.


C’est précisément cette idée qui a conduit à proposer le concept de mécanothérapie: utiliser les contraintes mécaniques produites notamment par l’exercice pour stimuler les réponses biologiques impliquées dans la réparation et le remodelage des tissus.

🟦 Changer de regard

Lorsque nous bougeons, nous ne faisons pas seulement bouger des articulations ou contracter des muscles.Nous envoyons aussi des informations mécaniques à nos cellules.Elles les détectent, les transforment en signaux biologiques et peuvent progressivement adapter le tissu à ce qu’on lui demande.Le mouvement devient alors un dialogue entre la mécanique et le vivant.

Et cette idée va nous permettre de comprendre un paradoxe.


Si nos tissus ont besoin de contraintes pour maintenir et reconstruire leurs capacités, que se passe-t-il lorsque, par peur de la douleur ou par volonté de favoriser la cicatrisation, nous supprimons presque totalement ces contraintes pendant plusieurs semaines?


le mouvement langage des cellules

Pourquoi le repos prolongé peut ralentir la récupération


Lorsqu’on se blesse, notre premier réflexe est souvent de ne plus bouger.


Et c’est assez logique.


Une cheville douloureuse après une entorse, un tendon qui fait mal lorsque l’on marche ou un muscle blessé semblent tous nous envoyer le même message: « protège-moi ».


Pendant un temps, réduire certaines activités peut effectivement être nécessaire. Le tissu a besoin d’être protégé des contraintes qu’il n’est momentanément plus capable de supporter.


Mais il existe un paradoxe assez étonnant: ce qui protège un tissu au début peut devenir contre-productif si cette protection se prolonge inutilement.


Pourquoi?


Parce que notre corps ne se contente jamais d’attendre. Il s’adapte en permanence à ce que nous lui demandons.


Et également… à ce que nous ne lui demandons plus.

Notre corps applique une règle simple: « je m’adapte à ce que tu me demandes »


Imaginez une personne qui se blesse à la cheville.


Pendant quelques jours, elle marche moins. C’est normal.


Puis, par peur de réveiller la douleur, elle continue à éviter les escaliers, les promenades, puis certaines activités quotidiennes.


Quelques semaines plus tard, la blessure initiale a peut-être favorablement évolué. Pourtant, lorsqu’elle essaie de reprendre ses activités habituelles, elle découvre une jambe moins forte, une cheville plus raide et des efforts qui lui semblent beaucoup plus difficiles qu’avant.


Ce phénomène n’est pas uniquement lié à la blessure.


Le corps s’est aussi adapté à la diminution d’activité.


Le muscle qui travaille moins peut perdre de la force. Les tendons reçoivent moins de sollicitations. Les articulations sont moins mobilisées. L’os lui-même adapte en permanence sa structure aux contraintes qu’il rencontre.


C’est ce que l’on appelle le déconditionnement.


Cette faculté d’adaptation est pourtant l’une des grandes forces de notre organisme. C’est elle qui permet à un muscle de devenir plus fort avec l’entraînement ou à un os de s’adapter aux contraintes répétées.


Mais elle fonctionne dans les deux sens.

Lorsque nous sollicitons progressivement notre corps, il s’adapte à l’effort. Lorsque nous réduisons durablement ces sollicitations, il s’adapte aussi à ce nouvel environnement.

Un tendon a besoin de recevoir des informations


Prenons l’exemple d’un tendon.


Un tendon n’est pas une simple corde reliant un muscle à un os. C’est un tissu vivant dont les cellules réagissent aux contraintes mécaniques.


Lorsque nous marchons, courons ou réalisons un exercice, le tendon se déforme légèrement.


Ses cellules détectent cette déformation et adaptent leur activité.


Nous retrouvons ici le phénomène découvert dans la section précédente: la mécanotransduction.


La contrainte mécanique devient une information biologique.


Les travaux de Kjaer montrent notamment que l’activité physique et les contraintes mécaniques influencent le renouvellement de la matrice extracellulaire et la synthèse du collagène tendineux.


A l’inverse, lorsque la sollicitation diminue fortement, certains processus d’adaptation du tendon se modifient. Cela ne signifie pas qu’un tendon devient fragile en quelques jours, ni que le repos empêche systématiquement sa cicatrisation. Cela signifie surtout qu’une absence prolongée de charge ne prépare pas le tendon aux contraintes qu’il devra de nouveau supporter.


Et c’est souvent au moment de la reprise que ce décalage devient visible.


Le problème apparaît parfois… lorsque la douleur a disparu


Reprenons notre patient.


Après plusieurs semaines de repos, il se sent mieux.


La douleur a presque disparu.


Bonne nouvelle.


Il décide alors de reprendre exactement ce qu’il faisait auparavant : randonnée, course, jardinage, tennis…


Seulement, pendant cette période, son organisme a été beaucoup moins sollicité.

Il peut alors exister un décalage entre:


ce que son corps est actuellement préparé à supporter


et


ce qu’il lui demande soudainement de supporter.


La douleur réapparaît.


Et la conclusion semble évidente:

« Je ne suis pas encore guéri. Il faut que je me repose davantage. »

Il arrête à nouveau.


Puis réessaie quelques semaines plus tard.


Et parfois, le même scénario recommence:


douleur → repos → amélioration → reprise trop rapide → douleur → nouveau repos.


Le problème n’est alors pas nécessairement que le tissu soit incapable de guérir. Il peut aussi venir du fait que la reprise des contraintes a été trop brutale par rapport aux capacités du moment.

Alors faut-il supprimer le repos?


Non.


Et cette nuance est essentielle.


Il ne s’agit évidemment pas de faire courir quelqu’un sur une cheville fraîchement traumatisée sous prétexte que « le mouvement soigne ».


Certaines lésions nécessitent une véritable période de protection et parfois une immobilisation. Une fracture, une lésion instable ou certaines suites opératoires obéissent à des règles spécifiques.


Mais lorsque la situation le permet, il existe une différence fondamentale entre protéger temporairement un tissu et cesser complètement de le solliciter pendant une longue période.


C’est pourquoi on parle souvent de repos relatif.


On retire temporairement ce que le tissu ne peut pas encore supporter…

mais on conserve ce qu’il tolère.


Puis, progressivement, on réintroduit les contraintes.


Un peu plus de mouvement.


Puis un peu plus de résistance.


Puis davantage de durée, de vitesse ou de charge.


Le tissu et l’ensemble du système musculosquelettique peuvent ainsi se réadapter progressivement à ce qu’on leur demandera demain.


Une étude portant sur différentes lésions des membres retrouvait des résultats généralement comparables ou parfois favorables à une mobilisation précoce par rapport à l’immobilisation, notamment concernant la raideur, l’amplitude articulaire et le retour au travail. Les auteurs soulignaient toutefois l’hétérogénéité des blessures et des protocoles étudiés: il n’existe donc pas une règle de mobilisation applicable à toutes les lésions.

🟦 Changer de regard

Le repos n’est pas l’ennemi de la guérison. Au début d’une blessure, il peut être indispensable pour protéger le tissu. Mais vient ensuite un moment où le corps a besoin de recevoir à nouveau des contraintes pour retrouver ses capacités. Protéger suffisamment pour permettre la réparation, mais stimuler progressivement pour éviter le déconditionnement: tout l’enjeu est là.

Finalement, la question la plus intéressante n’est donc plus:


« Faut-il bouger ou se reposer ? »


mais plutôt:


« Quelle quantité de contrainte le tissu peut-il supporter aujourd’hui pour l’aider à mieux tolérer celles de demain? »


Le bon dosage: ni trop, ni trop peu


Nous venons de voir qu’un tissu a besoin d’être progressivement sollicité pour retrouver ses capacités.


On pourrait alors être tenté de penser:

« Puisque le mouvement stimule l’adaptation, plus je bouge et plus je vais récupérer vite. »

Ce serait presque trop simple.


Un tissu en cours de récupération possède une certaine capacité à supporter les contraintes.


L’objectif n’est donc ni de le protéger indéfiniment, ni de lui demander immédiatement de fonctionner comme avant la blessure.


Il faut trouver la quantité de contrainte suffisante pour provoquer une adaptation, sans dépasser excessivement les capacités du moment.


Et surtout, faire évoluer cette contrainte au fur et à mesure que le corps progresse.

Imaginez un curseur plutôt qu’un interrupteur


Reprenons notre patient avec sa cheville.


Après quelques jours, il recommence à marcher.


S’il continue pendant plusieurs semaines à ne faire que quelques pas dans sa maison, cela ne préparera probablement pas sa cheville à une randonnée de deux heures.


A l’inverse, s’il profite de la disparition de la douleur pour repartir immédiatement marcher 15 kilomètres, le saut entre ce qu’il faisait depuis plusieurs semaines et ce qu’il demande soudainement à son corps risque d’être important.


Entre ces deux extrêmes existe une zone que l’on peut représenter, pour simplifier, comme une fenêtre de charge adaptée:


Trop peu de sollicitation → adaptation insuffisante


Charge adaptée → stimulation et adaptation


Charge excessive → capacités du moment dépassées


Cette « fenêtre » n’est évidemment pas une valeur que l’on pourrait mesurer précisément chez chaque patient. C’est avant tout une façon simple de comprendre le principe du dosage.

Et surtout, elle évolue.


Ce qui représente une charge importante aujourd’hui peut devenir une charge facile quelques semaines plus tard.


Le but de la rééducation est justement d’augmenter progressivement ce que le patient est capable de tolérer.

Et si l’exercice provoque un peu de douleur?


C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes:

« Si j’ai mal pendant l’exercice, est-ce que je suis en train d’abîmer mon tendon? »

Pas nécessairement.


Dans certaines douleurs musculosquelettiques, notamment certaines tendinopathies, une douleur légère ou modérée pendant l’exercice peut être compatible avec la rééducation.


Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille systématiquement « travailler dans la douleur ».


Il n’existe pas un seuil de douleur universel applicable à toutes les blessures et à tous les patients.


La nature de la lésion, son stade d’évolution, le niveau de douleur et surtout la réaction après l’exercice doivent être pris en compte.


C’est pourquoi il est souvent intéressant de ne pas observer uniquement ce qui se passe pendant l’exercice, mais aussi ce qui se passe après.


Comment le patient récupère-t-il?


Les symptômes reviennent-ils rapidement à leur niveau habituel?


Comment se sent-il le lendemain matin?


Peut-il poursuivre normalement ses activités?


Cette réponse donne des informations précieuses pour ajuster progressivement la charge.

Deux tendons identiques… mais deux objectifs complètement différents


Prenons maintenant deux patients présentant une tendinopathie d’Achille.


Le premier souhaite simplement pouvoir marcher sans douleur, travailler et jardiner.


Le second souhaite reprendre la course et préparer un semi-marathon.


Tous les deux ont un tendon d’Achille.


Mais ce que leur tendon devra être capable de supporter à la fin de la traiitement est très différent.


Pour le premier, retrouver la marche prolongée, les escaliers et une force suffisante du mollet pourra constituer une grande partie de l’objectif.


Pour le coureur, ce ne sera qu’une étape.


Il faudra ensuite réintroduire progressivement des contraintes plus importantes et plus rapides, puis préparer le membre inférieur aux milliers de cycles de charge rencontrés pendant la course.


La véritable question n’est donc plus seulement:

« Mon tendon est-il guéri? »

mais:

« Mon tendon et l’ensemble de mon organisme sont-ils suffisamment préparés pour ce que je souhaite recommencer à faire? »

Cette distinction change profondément la manière d’envisager la traitement.

Il n’existe probablement pas d’exercice « magique »


Pendant longtemps, certaines formes d’exercice ont été présentées comme particulièrement importantes dans les tendinopathies, notamment le travail excentrique.


Aujourd’hui, notre vision est plus nuancée.


Différentes formes de mise en charge peuvent être utilisées: contractions isométriques, exercices concentriques et excentriques ou encore Heavy Slow Resistance, qui utilise des mouvements lents contre une résistance progressivement importante.


Ce qui semble surtout compter est moins de trouver un exercice miracle que de construire une mise en charge progressive adaptée au patient et à ses objectifs.


Les recommandations cliniques 2024 concernant la tendinopathie d’Achille placent ainsi les exercices de mise en charge du tendon au premier plan de la prise en charge, avec des charges aussi élevées que tolérées dans le cadre d’un programme progressif.


Des travaux sur la tendinopathie patellaire avaient déjà montré que plusieurs stratégies de mise en charge pouvaient améliorer les symptômes et la fonction. Dans cette étude, le Heavy Slow Resistance et le travail excentrique présentaient tous deux des améliorations à six mois, avec une satisfaction supérieure dans le groupe Heavy Slow Resistance.


Le message est finalement assez simple:

Le meilleur exercice n’est pas forcément celui qui possède le nom le plus sophistiqué. C’est celui qui permet de faire progresser les capacités du patient vers ce qu’il souhaite retrouver.

La progression devient alors le traitement


C’est là toute la différence entre simplement « faire des exercices » et utiliser l’exercice comme outil thérapeutique.


Au début, une contraction légère peut suffire.


Puis on augmente progressivement la résistance.


Plus tard, on peut introduire davantage d’amplitude, de vitesse ou de répétitions.


Et lorsque l’objectif l’exige, on réintroduit des gestes beaucoup plus proches de la vie réelle : courir, sauter, porter, changer de direction ou répéter un geste professionnel.


A chaque étape, le principe reste le même:

appliquer une contrainte → observer la réponse → laisser le corps s’adapter → progresser.


L’exercice thérapeutique devient alors une sorte de dialogue avec le tissu.


On lui demande un peu plus.


On observe sa réponse.


Puis, lorsqu’il est prêt, on lui demande encore un peu plus.

🟦 Changer de regard

L’objectif de l’exercice thérapeutique n’est pas de ménager indéfiniment un tissu douloureux. Il est de reconstruire progressivement ce que le corps est capable de supporter. La bonne charge n’est donc ni la plus faible ni la plus importante. C’est celle qui permet aujourd’hui de préparer le corps aux contraintes qu’on lui demandera demain.

Et cette dernière phrase nous amène à une autre notion essentielle.


Car jusqu’ici, nous parlons de « charge » comme si tous nos tissus réagissaient de la même manière.


Or un tendon n’est pas un muscle. Un muscle n’est pas un os. Et un os n’est pas du cartilage.


Chacun possède ses propres cellules, sa propre architecture et sa propre manière de répondre aux contraintes mécaniques.


la charge de travail pour qu'un tissu s'adapte à l'effort

Chaque tissu possède son propre langage mécanique


Imaginez un geste extrêmement banal: monter une marche d’escalier.


Vous posez le pied, poussez sur votre jambe et votre corps s’élève.


Le mouvement n’a duré qu’une seconde.


Pourtant, pendant cette seconde, énormément de choses se sont produites.


Vos muscles ont développé de la force. Vos tendons ont transmis cette force aux os. Votre squelette a supporté les contraintes produites par le mouvement. Et dans vos articulations, le cartilage a été successivement comprimé puis déchargé.


Un seul mouvement… mais plusieurs tissus ont reçu des informations différentes.


C’est là que l’exercice thérapeutique devient particulièrement intéressant.


Car si tous nos tissus sont sensibles aux contraintes mécaniques, ils n’y répondent pas exactement de la même manière.


La mécanotransduction constitue leur langage commun.


Mais chacun possède, en quelque sorte, son propre dialecte.

Dans le muscle: la tension devient un signal


Revenons sur notre marche d’escalier.


Pour soulever le corps, les muscles de la cuisse et de la hanche doivent produire de la force.


Cette tension n’est pas seulement une conséquence du mouvement. Elle constitue aussi une information pour les cellules musculaires.


Lorsqu’elle est répétée dans le cadre d’un entraînement suffisamment exigeant, elle participe à l’activation de mécanismes cellulaires impliqués dans la synthèse des protéines et l’adaptation musculaire.


C’est ainsi qu’au fil des semaines, un exercice qui paraissait difficile peut devenir beaucoup plus facile.


Le muscle s’est adapté à ce qu’on lui demandait.


Les données disponibles montrent d’ailleurs qu’il n’existe pas une seule manière de stimuler cette adaptation: des entraînements utilisant différentes charges peuvent favoriser l’hypertrophie musculaire lorsqu’ils sont suffisamment exigeants, tandis que les charges plus élevées sont généralement plus favorables au développement de la force maximale.


Autrement dit, le message mécanique peut varier selon ce que l’on cherche à développer.

Quelques centimètres plus loin, le tendon entend autre chose


Le muscle vient de se contracter.


Mais pour que cette force puisse produire le mouvement, elle doit être transmise à l’os.


C’est notamment le rôle du tendon.


A chaque montée de marche, celui-ci est mis en tension et se déforme légèrement. Ses cellules sont capables de détecter ces contraintes et d’adapter leur activité.


Mais le tendon ne répond pas nécessairement de la même manière ni au même rythme que le muscle situé juste à côté.


Les travaux de Bohm montrent que l’entraînement peut modifier les propriétés mécaniques du tendon et que l’intensité de la contrainte appliquée constitue un paramètre important de cette adaptation.


On pourrait donc utiliser cette image:

Le muscle demande à produire de la force. Le tendon doit apprendre à la transmettre.

Ce n’est évidemment pas une règle physiologique au sens strict, mais cela permet de comprendre pourquoi faire travailler un muscle ne signifie pas automatiquement avoir préparé son tendon à toutes les contraintes futures.


Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu’un patient souhaite reprendre la course, les sauts ou un sport explosif.

Plus profondément encore, l’os écoute lui aussi


Continuons notre mouvement.


Lorsque le pied pousse contre la marche, les forces produites se transmettent également au squelette.


Et contrairement à l’image que l’on pourrait avoir d’une charpente rigide, l’os est un tissu vivant qui se remodèle en permanence.


Certaines de ses cellules, notamment les ostéocytes, jouent un rôle majeur dans la détection de l’environnement mécanique et dans la régulation du remodelage osseux.


L’os possède même une particularité fascinante: il ne répond pas uniquement à la quantité de contrainte, mais également à la manière dont cette contrainte est appliquée.


Les contraintes dynamiques, leur amplitude, leur fréquence et leur caractère inhabituel participent à la réponse osseuse. A l’inverse, lorsqu’une sollicitation devient extrêmement répétitive et familière, la réponse tend à s’atténuer: c’est le phénomène d’accommodation décrit dans les travaux expérimentaux sur l’adaptation osseuse.


On pourrait donc résumer cette idée:

Pour stimuler l’os, il ne suffit pas toujours d’en faire davantage. Il faut parfois modifier le signal mécanique.

Et sous nos articulations, le cartilage vit au rythme du mouvement


Notre patient arrive maintenant en haut de la marche.


Son genou et sa cheville viennent successivement de supporter puis de relâcher une partie des contraintes liées au mouvement.


Le cartilage articulaire évolue précisément dans cet environnement fait de charges et de décharges successives.


Ses cellules, les chondrocytes, sont elles aussi capables de détecter les contraintes mécaniques et de modifier leur activité en conséquence.


Mais, là encore, le message doit être nuancé.


Il serait trop simple d’affirmer:

« Plus on charge le cartilage, mieux il se porte. »

Les effets dépendent notamment de l’intensité, de la fréquence et de la durée de la charge, mais aussi de l’état du cartilage. Des contraintes physiologiques et des contraintes excessives ne provoquent pas nécessairement les mêmes réponses biologiques.


Nous retrouvons donc exactement ce que nous avions découvert précédemment:

ce n’est pas seulement le mouvement qui compte. C’est son dosage.

Une seule marche… quatre conversations


Revenons maintenant au sommet de notre escalier.


Notre patient pense simplement avoir monté une marche.


Son organisme, lui, vient de recevoir toute une série de messages mécaniques.


Le muscle a produit de la force.


Le tendon l’a transmise.


L’os a reçu des contraintes.


Le cartilage a subi un nouveau cycle de charge et de décharge.


Et tout cela s’est produit dans le même mouvement.


C’est précisément ce qui fait la richesse de l’exercice thérapeutique.


En modifiant la résistance, la vitesse, l’amplitude, le nombre de répétitions, les temps de récupération ou encore la fréquence des séances, nous pouvons modifier le message mécanique envoyé à l’organisme.


Un exercice n’est donc pas simplement « bon » ou « mauvais ».


Il doit être choisi en fonction de ce que nous cherchons à faire évoluer.

🟦 Changer de regard

Nos tissus ne sont pas des matériaux passifs que l’on attend simplement de voir cicatriser. Ce sont des structures vivantes capables de détecter les contraintes auxquelles elles sont exposées et de s’y adapter.Mais un muscle, un tendon, un os et un cartilage ne répondent pas exactement au même stimulus. Le mouvement est le message.La charge en règle l’intensité. Et chaque tissu l’interprète à sa manière.

Finalement, prescrire un exercice ne consiste donc pas simplement à dire:


« Faites ce mouvement trois fois dix répétitions. »


Il faut se demander ce que nous souhaitons obtenir.


Développer davantage de force? Préparer un tendon à stocker et restituer de l’énergie? Stimuler progressivement l’os? Retrouver une articulation capable de supporter les activités quotidiennes?


Le choix du mouvement et surtout la manière dont nous le dosons dépendent de la réponse que nous recherchons.


Et c’est probablement là que l’exercice thérapeutique prend une autre dimension: il n’est plus seulement une façon de récupérer de la force ou de la mobilité.


Il devient un moyen d’envoyer aux tissus un signal capable d’orienter leur adaptation.


L’exercice thérapeutique: quand le mouvement devient un traitement


Nous venons de voir qu’un simple mouvement peut envoyer différents messages à nos muscles, nos tendons, nos os ou nos articulations.


Mais peut-on aller plus loin?


Peut-on choisir volontairement ces contraintes pour provoquer une adaptation particulière?


C’est précisément là que l’exercice thérapeutique prend tout son sens.


Il ne s’agit plus simplement de faire bouger une articulation ou de renforcer un muscle.


Il s’agit d’utiliser le mouvement comme un stimulus mécanique, suffisamment important pour provoquer une réponse de l’organisme, puis de faire évoluer progressivement ce stimulus.

Cette idée porte même un nom: la mécanothérapie.


En 2009, Karim Khan et Alexander Scott proposaient ce terme pour décrire l’utilisation thérapeutique des contraintes mécaniques afin de favoriser les processus de réparation et de remodelage des tissus musculosquelettiques. Le mécanisme biologique qui permet cette réponse est celui que nous connaissons maintenant: la mécanotransduction.


Autrement dit

:

le mouvement crée une contrainte → les cellules détectent cette contrainte → elles modifient leur activité → le tissu s’adapte progressivement.


L’exercice peut donc devenir bien davantage qu’un moyen de « récupérer de la force ».

Il devient une information envoyée au tissu.

Un même exercice peut raconter deux histoires complètement différentes


Reprenons notre exercice de montée sur la pointe des pieds.


Deux patients réalisent exactement le même mouvement.


Le premier récupère d’une tendinopathie d’Achille et recommence tout juste à solliciter son tendon.


Le second court trois fois par semaine et souhaite reprendre le trail.


Visuellement, l’exercice est identique.


Pourtant, quelques montées sur la pointe des pieds avec le poids du corps peuvent déjà représenter une contrainte significative pour le premier patient…


alors qu’elles seront probablement très éloignées des contraintes auxquelles le second devra faire face lorsqu’il courra, accélérera ou descendra un sentier.


Voilà pourquoi la question importante n’est pas seulement:

« Quel exercice faut-il faire? »

Mais:

« Quel message voulons-nous envoyer au tissu avec cet exercice? »

Nos cellules ne savent pas compter jusqu’à dix


Prenons le célèbre:


3 séries de 10 répétitions.


C’est une prescription extrêmement fréquente.


Et elle peut être parfaitement adaptée.


Mais elle n’a rien de magique.


Nos cellules ne comptent pas les répétitions.


Elles perçoivent plutôt l’intensité et les caractéristiques des contraintes auxquelles elles sont exposées.


Dix répétitions très faciles ne représentent donc pas le même stimulus que dix répétitions difficiles.


Un mouvement lent n'impose pas exactement les mêmes contraintes qu'un mouvement rapide.


Une contraction maintenue n'est pas identique à une série de sauts.


Et trois séances réalisées chaque jour ne produisent pas nécessairement une meilleure adaptation que trois séances bien réparties dans la semaine.


Une vaste étude publiée en 2023 est particulièrement intéressante sur ce point. Elle a analysé 110 études et 3 953 participants présentant différentes tendinopathies. Les auteurs ont observé, en moyenne, de meilleurs résultats avec des programmes comportant davantage de résistance externe et une fréquence inférieure à une séance quotidienne. Ils soulignent néanmoins que les protocoles sont très hétérogènes et que le dosage de l'exercice reste insuffisamment décrit dans de nombreuses études.


Ce résultat est intéressant parce qu'il rappelle une chose essentielle:

stimuler davantage ne signifie pas nécessairement stimuler plus souvent.


Le tissu a besoin d'une contrainte.


Mais il a aussi besoin de temps pour y répondre.

Au début, le mouvement peut être très simple


Revenons à notre patient.


Au début de sa récupération, son objectif n'est peut-être même pas de courir.

Il cherche simplement à marcher normalement.


La première étape peut alors être très modeste: retrouver du mouvement, recommencer à prendre appui, puis produire progressivement davantage de force.


Vient ensuite notre montée sur la pointe des pieds.


D'abord avec les deux jambes.


Puis avec une seule.


Puis avec une résistance supplémentaire.


Ce qui était difficile devient progressivement facile.


Et lorsqu'un exercice devient facile, ce n'est pas nécessairement le signe qu'il faut l'arrêter.


C'est souvent le signe que le corps s'est adapté.


Il est alors temps de modifier le message.

Puis vient le moment de préparer la vraie vie


Quelques semaines plus tard, notre patient réalise parfaitement ses exercices.


Son mollet est plus fort.


Son tendon supporte davantage de charge.


Mais notre patient souhaite reprendre la course.


Et c'est là qu'une nouvelle étape commence.


Car courir n'est pas simplement réaliser plus rapidement des montées sur la pointe des pieds.


Lors de la course, les contraintes deviennent plus rapides et se répètent des centaines, voire des milliers de fois. Le système muscle-tendon doit également participer au stockage et à la restitution de l'énergie.


Il faudra donc progressivement introduire d'autres sollicitations:


marche rapide, puis course…


petits rebonds, puis sauts…


accélérations…


et finalement les contraintes spécifiques à l'activité recherchée.


La progression devient de plus en plus proche de la réalité.


On ne prépare plus seulement un tendon. On prépare une personne à courir.


Et si son objectif est de reprendre son métier, le raisonnement sera différent.


S'il souhaite rejouer au basket, différent encore.


Le tissu est important.


Mais la fonction que l'on souhaite retrouver l'est tout autant.

La récupération n'est pas une ligne droite


Evidemment, tout ne progresse pas toujours comme prévu.


Un jour, l'exercice passe parfaitement.


Quelques jours plus tard, la zone devient plus sensible.


Cela signifie-t-il que le tissu s'est de nouveau abîmé?


Pas nécessairement.


La récupération dépend de nombreux facteurs: activité réalisée dans la journée, charge d'entraînement, récupération, sommeil ou simplement progression trop rapide.


Il faut parfois diminuer temporairement la contrainte.


Puis repartir.


Adapter n'est pas reculer.


C'est précisément le principe du dosage que nous avons découvert précédemment:


appliquer une contrainte → observer la réponse → laisser le corps s'adapter → progresser.

Et c'est là que l'exercice devient véritablement thérapeutique


Finalement, lorsqu'on regarde un patient réaliser un exercice, une grande partie du traitement est invisible.


Elle se trouve dans les questions qui entourent ce mouvement :


Pourquoi cet exercice?


Pourquoi cette résistance?


Pourquoi cette vitesse?


Pourquoi maintenant?


Et quand faudra-t-il le rendre plus difficile?


C'est cette réflexion qui transforme un mouvement banal en stimulus thérapeutique.

🟦 Changer de regard

L'exercice thérapeutique n'est pas simplement un mouvement que l'on répète. C'est une contrainte choisie pour provoquer une adaptation. Au début, elle peut être faible et très éloignée de l'activité finale. Puis elle évolue avec les capacités du patient. On ne cherche donc pas seulement à faire disparaître la douleur. On cherche à reconstruire une capacité.

C'est peut-être là que se trouve l'une des idées les plus importantes de cet article.


Le repos peut momentanément protéger un tissu.


Le mouvement lui redonne progressivement des contraintes.


Mais lorsque ces contraintes sont choisies, dosées et progressivement augmentées, l'exercice peut devenir un véritable signal biologique permettant d'accompagner le remodelage et l'adaptation tissulaire.


Et le but ultime n'est évidemment pas de passer sa vie à faire des exercices de rééducation.


C'est de faire progressivement disparaître la frontière entre rééducation et vie réelle.


Jusqu'au jour où l'exercice thérapeutique laisse simplement la place…


à la marche, au travail, au jardinage, à la randonnée, à la course ou au sport que l'on souhaitait retrouver.


Conclusion – Le mouvement fait partie du chemin


Pendant longtemps, lorsqu’un tissu était douloureux, le conseil semblait évident: le protéger et attendre qu’il guérisse avant de recommencer à bouger.


Nous savons aujourd’hui que la réalité est plus subtile.


Nos muscles, nos tendons, nos os et nos articulations sont des tissus vivants, capables de percevoir les contraintes mécaniques et de s’y adapter.


Cela ne signifie pas qu’il faille forcer sur une blessure.


Cela signifie qu’après une période de protection lorsqu’elle est nécessaire, la remise en charge progressive fait partie du processus permettant de retrouver les capacités du tissu et de la personne.


La véritable question n’est donc plus seulement:

« Comment faire disparaître ma douleur? »

mais aussi:

« Qu’est-ce que mon corps doit progressivement redevenir capable de supporter? »

C’est tout l’intérêt de l’exercice thérapeutique: choisir une contrainte adaptée, observer la réponse du corps, puis la faire évoluer progressivement jusqu’à retrouver les activités qui comptent réellement.

🟦 Changer de regard

Le mouvement est un message.La charge en règle l’intensité.Et la progression permet au corps de s’adapter.Le mouvement n’est donc pas seulement ce que l’on retrouve après la récupération.Il fait partie du chemin.

Et si votre douleur persiste?


Lorsqu’une douleur dure depuis plusieurs semaines ou revient systématiquement dès la reprise d’une activité, le repos supplémentaire n’est pas toujours la seule réponse.


L’objectif peut être d’identifier ce que le tissu tolère aujourd’hui, les facteurs qui limitent sa récupération et de construire une remise en charge progressive adaptée à votre situation et à vos objectifs.


C’est précisément cette logique que j’intègre dans mes consultations d'ostéopathie régénérative consacrées aux douleurs et à la récupération tissulaire.


→ Prendre rendez-vous pour faire le point et construire une stratégie adaptée à votre situation.


A propos de l'auteur: Boris Laub, Ostéopathe D.O.


Boris Laub Ostéopathe

Boris Laub est ostéopathe D.O. et exerce l’ostéopathie depuis 2007 à Espère, près de Cahors. Initialement diplômé en kinésithérapie puis en ostéopathie à la Fondation EFOM Boris Dolto à Paris, et formé en anatomie à l’Université de Bordeaux, son parcours lui apporte une double lecture du corps: comprendre le mouvement, mais aussi rechercher les déséquilibres et les contraintes susceptibles de perturber son fonctionnement.


Ancien basketteur de haut niveau, il s’intéresse particulièrement aux douleurs musculosquelettiques et aux mécanismes biologiques qui permettent aux tissus de se réparer, de se remodeler et de s’adapter aux contraintes.


Son approche ostéopathique ne cherche donc pas uniquement à identifier la zone douloureuse. Elle vise à comprendre pourquoi un tissu est en difficulté, quelles contraintes peuvent entretenir le problème et quelles conditions peuvent favoriser son retour à une fonction normale.


Selon la situation, la prise en charge peut associer traitement ostéopathique manuel, travail sur la mobilité et les contraintes mécaniques, conseils de remise en charge et techniques complémentaires comme le dry needling.


L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître un symptôme, mais d’aider le patient à retrouver progressivement les capacités nécessaires à sa vie quotidienne, professionnelle ou sportive.


En parallèle de son activité clinique, Boris Laub est enseignant et formateur en ostéopathie et en kinésithérapie. À travers les articles de Cahors Ostéo, il souhaite partager une vision moderne de l’ostéopathie, nourrie par l’anatomie, la physiologie, l’expérience clinique et les données scientifiques sur la douleur et l’adaptation tissulaire.


Bibliographie


1. Jaalouk, D. E., & Lammerding, J. (2009).Mechanotransduction gone awry. Nature Reviews Molecular Cell Biology, 10(1), 63–73. https://doi.org/10.1038/nrm2597

Référence fondamentale pour comprendre comment les cellules transforment les contraintes mécaniques en signaux biochimiques.

2. Khan, K. M., & Scott, A. (2009).Mechanotherapy: How physical therapists’ prescription of exercise promotes tissue repair. British Journal of Sports Medicine, 43(4), 247–252. https://doi.org/10.1136/bjsm.2008.054239

C'est probablement la référence centrale de notre article: les auteurs y développent le concept de mécanothérapie et expliquent comment la charge mécanique peut participer à la réparation et au remodelage du tendon, du muscle, du cartilage et de l’os.

3. Bohm, S., Mersmann, F., & Arampatzis, A. (2015).Human tendon adaptation in response to mechanical loading: A systematic review and meta-analysis of exercise intervention studies on healthy adults. Sports Medicine – Open, 1, 7. https://doi.org/10.1186/s40798-015-0009-9

Cette revue systématique avec méta-analyse soutient notre partie consacrée à l’adaptation du tendon aux contraintes mécaniques et à l’importance des caractéristiques de la charge.

4. Pavlova, A. V., Shim, J. S. C., Moss, R., et al. (2023).Effect of resistance exercise dose components for tendinopathy management: A systematic review with meta-analysis.Cette revue analyse 110 études et 3 953 participants et s’intéresse précisément au dosage des exercices dans les tendinopathies : intensité, fréquence, volume et récupération. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37169370/


5. Chimenti, R. L., Neville, C., Houck, J., Cuddeford, T., Carreira, D., & Martin, R. L. (2024).Achilles Pain, Stiffness, and Muscle Power Deficits: Midportion Achilles Tendinopathy Revision – 2024. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 54(12), CPG1–CPG32. https://doi.org/10.2519/jospt.2024.0302

Ce sont les recommandations cliniques 2024 que nous avons utilisées dans l'article. Elles placent la mise en charge progressive du tendon au premier plan de la prise en charge de la tendinopathie d'Achille corporéale.


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