top of page

L'inflammation est-elle vraiment mauvaise? Comprendre son rôle dans la réparation des tissus

  • Photo du rédacteur: Boris Laub Ostéopathe
    Boris Laub Ostéopathe
  • il y a 2 jours
  • 14 min de lecture
inflammation et réparation tissulaire

Rougeur, chaleur, gonflement, douleur… Ces signes sont souvent associés à une seule idée: l'inflammation est mauvaise et il faut la faire disparaître. Notre premier réflexe est alors de chercher à la calmer, avec de la glace, du repos ou parfois des médicaments anti-inflammatoires.


Pourtant, cette vision est incomplète.


L'inflammation n'est pas une erreur de notre organisme, ni une maladie en elle-même. C'est une réaction biologique normale, mise en place par notre corps dès qu'un tissu est lésé. Sans elle, une coupure ne cicatriserait pas, un os fracturé ne consoliderait pas, un tendon ne retrouverait jamais sa solidité et un muscle ne pourrait pas se régénérer après un effort ou une blessure.


En réalité, l'inflammation est la première étape d'un processus de réparation remarquablement orchestré. Pendant longtemps, les scientifiques l'ont surtout considérée comme une réponse de défense. Aujourd'hui, les recherches montrent qu'elle joue également un rôle essentiel dans la communication entre les cellules, l'élimination des tissus endommagés et le déclenchement des mécanismes qui permettront la reconstruction des tissus.


Cela ne signifie pas que toute inflammation est bénéfique. Une réponse inflammatoire trop intense, insuffisante ou qui ne se résout pas correctement peut ralentir la guérison et favoriser l'apparition de douleurs persistantes. Toute la difficulté consiste donc à trouver le bon équilibre.

Dans cet article, nous allons découvrir pourquoi l'inflammation est indispensable à la réparation des tissus, comprendre comment elle évolue au fil de la cicatrisation et voir pourquoi, dans certaines situations, l'objectif n'est pas toujours de la supprimer, mais de permettre à l'organisme de la réguler efficacement.


Sommaire


L'inflammation: le premier secours de notre organisme


Imaginez que vous vous tordiez la cheville en descendant un trottoir. Sur le moment, vous ressentez une douleur vive. Quelques minutes plus tard, la cheville commence à gonfler, devient chaude et parfois rouge. Beaucoup y voient immédiatement un problème à faire disparaître.

Pourtant, ce que vous observez est avant tout le signe que votre organisme vient de déclencher son programme de réparation.


En quelques secondes seulement, des milliers de cellules présentes dans le tissu lésé détectent qu'une agression s'est produite. Elles échangent alors une multitude de signaux chimiques, comme si elles lançaient un appel d'urgence. Très rapidement, les vaisseaux sanguins se dilatent, des cellules immunitaires sont recrutées et toute une série de mécanismes biologiques se mettent en marche.


Cette réaction porte un nom: l'inflammation.


Contrairement à une idée largement répandue, l'inflammation n'est pas une maladie. C'est un mécanisme de défense et de réparation, présent chez tous les êtres humains, qui s'active dès qu'un tissu est endommagé. Son objectif est simple : protéger la zone blessée, éliminer les cellules devenues inutilisables et préparer les conditions nécessaires à la reconstruction du tissu.


Une comparaison permet de mieux comprendre son rôle. Lorsqu'un immeuble est endommagé, les ouvriers ne commencent pas immédiatement à reconstruire les murs. Ils sécurisent d'abord le chantier, installent des protections, évacuent les gravats et organisent l'arrivée des différents corps de métier. Notre organisme agit exactement de la même façon. Avant de reconstruire un tendon, un ligament, un muscle ou un os, il doit d'abord organiser le chantier biologique de la réparation.


C'est cette organisation qui explique les quatre signes classiques de l'inflammation, décrits dès l'Antiquité par le médecin romain Celse:

  • La rougeur, liée à l'augmentation du flux sanguin.

  • La chaleur, conséquence de cette vascularisation accrue.

  • Le gonflement, provoqué par l'arrivée de liquide et de cellules immunitaires.

  • La douleur, qui incite naturellement à protéger temporairement la région lésée.


A ces quatre signes s'ajoute souvent un cinquième: la perte temporaire de fonction. Une articulation douloureuse bouge moins facilement, un muscle blessé perd de sa force et un tendon inflammatoire supporte moins bien les contraintes. Là encore, il ne s'agit pas d'une défaillance de l'organisme, mais d'un mécanisme destiné à éviter d'aggraver la lésion pendant les premiers temps de la réparation.


Il est donc important de changer de perspective. La douleur, le gonflement ou la chaleur ne signifient pas que le corps "dysfonctionne". Dans la majorité des situations, ils témoignent au contraire du fait qu'il travaille activement à restaurer le tissu lésé.


Cela ne signifie pas pour autant que toute inflammation est bénéfique. Comme la plupart des mécanismes biologiques, elle doit rester finement régulée. Une réponse inflammatoire insuffisante peut compromettre la réparation, tandis qu'une inflammation excessive ou qui ne se résout pas correctement peut ralentir la cicatrisation et favoriser l'apparition de douleurs persistantes.


L'inflammation n'est donc pas un incendie que le corps subit. C'est un chantier qu'il organise. Et comme tout chantier, sa réussite dépend autant de son déclenchement que de sa bonne coordination.


📦 Changer de regard

Avant de reconstruire un tissu, le corps doit d'abord sécuriser le chantier. C'est précisément le rôle de l'inflammation. Elle n'est pas l'ennemie de la guérison : elle en est la première étape.

mécanisme de l'inflammation

Pourquoi notre corps déclenche une inflammation?


Lorsqu'un tissu est lésé, qu'il s'agisse d'un tendon, d'un ligament, d'un muscle ou d'une articulation, l'organisme réagit immédiatement. Cette réaction porte un nom souvent mal compris: l'inflammation.


Dans l'imaginaire collectif, inflammation rime avec douleur, gonflement ou rougeur. Beaucoup cherchent donc à la faire disparaître le plus vite possible. Pourtant, d'un point de vue biologique, cette réaction est avant tout un mécanisme de protection et de réparation.


On pourrait la comparer aux secours arrivant sur les lieux d'un accident. Avant de reconstruire un pont effondré, il faut sécuriser la zone, évacuer les débris, organiser les équipes et apporter le matériel nécessaire. Le corps fonctionne exactement de la même manière.


Quelques secondes après une blessure, les vaisseaux sanguins deviennent plus perméables afin de laisser passer des cellules spécialisées. Les plaquettes libèrent des facteurs de croissance, tandis que les cellules immunitaires éliminent les tissus endommagés et coordonnent la suite de la réparation grâce à un dialogue chimique extrêmement précis.


Cette première phase explique pourquoi une douleur ou un gonflement apparaissent rapidement après une entorse, une tendinite ou un choc musculaire. Ces manifestations sont souvent le signe que le processus de cicatrisation est en train de s'organiser.


L'inflammation n'est donc pas un problème en soi. Le véritable problème apparaît lorsqu'elle devient trop importante, insuffisante ou se prolonge anormalement. Dans ce cas, les cellules reçoivent des signaux contradictoires, la reconstruction des tissus perd en efficacité et la douleur peut persister bien après la disparition de la lésion initiale.


Les recherches en médecine régénérative montrent aujourd'hui que la qualité de cette réponse inflammatoire influence directement la qualité de la réparation tissulaire. L'objectif n'est donc pas de supprimer systématiquement l'inflammation, mais de favoriser une inflammation adaptée, suffisamment intense pour initier la cicatrisation, puis capable de s'éteindre au bon moment afin de laisser place à la reconstruction des tissus.


📦 Changer de regard

L'inflammation n'est pas une erreur de votre organisme. C'est le signal de départ du chantier de réparation. Le rôle du thérapeute n'est pas toujours de la faire disparaître, mais de créer les conditions permettant à cette réparation de se dérouler de manière efficace.

Les trois grandes phases de la réparation tissulaire


Une blessure ne disparaît pas du jour au lendemain. Derrière une entorse, une déchirure musculaire ou une tendinopathie se cache un processus biologique d'une incroyable précision. Chaque cellule connaît son rôle, intervient au bon moment et passe ensuite le relais à la suivante.


La guérison n'est pas un interrupteur que l'on allume ou que l'on éteint. C'est un processus vivant qui évolue jour après jour.


Comme sur un chantier, il est impossible de reconstruire une maison sans avoir d'abord sécurisé les lieux, évacué les gravats et organisé le travail des équipes. Notre organisme suit exactement la même logique. Il avance selon trois grandes étapes : l'inflammation, la prolifération et le remodelage.


Première étape: sécuriser et nettoyer le chantier


Au moment où le tissu est lésé, la priorité n'est pas de reconstruire. Elle est de mettre la zone en sécurité.


En quelques secondes, les cellules endommagées donnent l'alerte. Les vaisseaux sanguins se dilatent, les plaquettes libèrent des facteurs de croissance et les premières cellules immunitaires arrivent sur place.


Parmi elles, les neutrophiles interviennent rapidement, suivis des macrophages, véritables chefs d'équipe du chantier biologique. Leur rôle ne se limite pas à éliminer les cellules détruites ou les fragments de tissu endommagé. Ils analysent également la situation et produisent des molécules qui coordonnent la suite des opérations.


Autrement dit, ils ne font pas seulement le ménage: ils donnent le signal du départ de la reconstruction.


C'est durant cette phase que la douleur, la chaleur ou le gonflement sont souvent les plus marqués. Bien qu'inconfortables, ces manifestations traduisent généralement le fait que l'organisme organise activement la réparation.


Deuxième étape: reconstruire un tissu provisoire


Une fois le chantier sécurisé et nettoyé, une nouvelle équipe entre en action.

Les fibroblastes, véritables bâtisseurs du tissu conjonctif, commencent à produire du collagène. Dans le même temps, de nouveaux petits vaisseaux sanguins se développent afin d'apporter l'oxygène et les nutriments indispensables à cette activité intense.

Le tissu qui se forme à ce stade n'est pourtant pas encore définitif.

Les premières fibres de collagène sont déposées rapidement, mais leur organisation reste désordonnée. Elles constituent une sorte d'armature provisoire, comparable aux échafaudages d'un bâtiment en construction. Elles permettent au tissu de retrouver progressivement une certaine continuité, mais elles ne possèdent pas encore toute la résistance du tissu d'origine.

C'est également à ce moment que le mouvement retrouve progressivement toute son importance. Une mise en charge adaptée peut orienter la reconstruction, tandis qu'une immobilisation prolongée ou, à l'inverse, des contraintes excessives risquent d'en diminuer la qualité.

Le corps cherche déjà le juste équilibre entre protection et stimulation.


Troisième étape: transformer un tissu fragile en un tissu résistant


La dernière phase est la plus longue… et souvent la plus méconnue.

Pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois, le collagène provisoire est progressivement remplacé et réorganisé. Les fibres s'alignent selon les contraintes mécaniques qu'elles subissent, rendant le tissu plus solide, plus souple et plus fonctionnel.


Autrement dit, le corps ne se contente pas de réparer: il optimise progressivement la qualité de la reconstruction.


C'est aussi la raison pour laquelle la disparition de la douleur ne signifie pas toujours que la guérison est terminée. Un tendon peut être beaucoup moins douloureux alors qu'il poursuit encore son remodelage. À l'inverse, reprendre une activité intense trop rapidement ou ne plus solliciter suffisamment le tissu peut perturber cette maturation et augmenter le risque de récidive.


La cicatrisation ne s'achève donc pas lorsque les symptômes disparaissent. Elle se poursuit souvent bien au-delà de ce que nous ressentons.


Au final, la réparation d'un tissu ressemble à une véritable course de relais. Les cellules immunitaires sécurisent le chantier, les fibroblastes reconstruisent une première structure, puis le remodelage transforme progressivement ce tissu provisoire en un tissu capable de retrouver sa fonction.


L'inflammation n'est donc pas la fin de l'histoire. Elle n'en est que le premier chapitre.

Les 3 étapes de la réparation tissulaire

📦 Changer de regard

Lorsque la douleur diminue, le tissu n'a pas forcément terminé de se reconstruire. La guérison est un processus progressif qui peut se poursuivre pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Accompagner cette période de remodelage est essentiel pour retrouver un tissu solide, fonctionnel et limiter le risque de récidive.


L'ostéopathe: un facilitateur de la réparation


Lorsque vous consultez un ostéopathe, vous pourriez penser que ses mains agissent uniquement sur vos articulations, vos muscles ou vos ligaments. Pourtant, l'essentiel de leur action se déroule à une échelle invisible.


En réalité, les mains du thérapeute dialoguent surtout avec des milliards de cellules.


Chaque pression, chaque mobilisation, chaque étirement ou chaque mouvement appliqué au tissu constitue une information mécanique. Immédiatement, les cellules perçoivent cette contrainte grâce à leurs récepteurs spécialisés. Elles analysent son intensité, sa direction et sa durée avant d'adapter leur comportement.


Autrement dit, le geste thérapeutique ne « répare » pas directement un tendon, un ligament ou un muscle. Il fournit aux cellules une information qui peut influencer leur activité biologique.


Aujourd'hui, les recherches en mécanobiologie montrent que ces contraintes mécaniques participent à la régulation de nombreux processus impliqués dans la réparation tissulaire. Selon le contexte, elles peuvent notamment contribuer à:


  • orienter la production et l'organisation des fibres de collagène ;

  • stimuler le renouvellement de la matrice extracellulaire ;

  • favoriser la vascularisation des tissus ;

  • moduler certaines réponses inflammatoires ;

  • améliorer progressivement les propriétés mécaniques du tissu en cours de cicatrisation.


Les cellules ne répondent toutefois pas à n'importe quel stimulus. Comme un médicament possède une dose optimale, une contrainte mécanique doit elle aussi être correctement dosée.


Une stimulation trop faible produit peu d'adaptation. À l'inverse, une sollicitation excessive peut dépasser les capacités du tissu et perturber la réparation. Entre ces deux extrêmes existe une fenêtre de stimulation optimale, capable d'encourager les mécanismes naturels d'adaptation et de cicatrisation.


C'est précisément sur ce principe que repose la mécanothérapie (mechanotherapy), un domaine de recherche qui étudie l'utilisation de contraintes mécaniques pour favoriser la réparation des tissus. Cette approche ne cherche pas à remplacer les capacités du corps, mais à les stimuler de manière adaptée.


Dans cette perspective, l'ostéopathie prend une dimension différente. Elle ne consiste plus uniquement à améliorer la mobilité d'une articulation ou à diminuer une tension musculaire. Elle vise également à créer un environnement mécanique favorable au travail des cellules.


Cette vision est également partagée par d'autres approches modernes de la rééducation, comme l'exercice thérapeutique, le dry needling, les ondes de choc ou certaines techniques de physiothérapie. Bien que leurs modes d'action soient différents, elles poursuivent un objectif commun : fournir aux tissus un stimulus capable de favoriser leur adaptation biologique, lorsque leur indication est pertinente et que leur utilisation est adaptée au patient.


C'est pourquoi l'ostéopathie régénérative ne repose pas sur une technique unique. Chaque tissu possède ses propres caractéristiques biologiques, chaque lésion évolue selon un stade de cicatrisation particulier et chaque patient présente des capacités d'adaptation qui lui sont propres. Le rôle du thérapeute est donc d'identifier le stimulus le plus approprié, au bon moment et avec la bonne intensité.


Au fond, le véritable traitement n'est pas réalisé par les mains du thérapeute.


Il est réalisé par les cellules du patient.


Les mains ne font qu'initier le dialogue.

📦 Changer de regard

L'ostéopathe ne répare pas les tissus à la place du corps. Son rôle est d'apporter aux cellules les informations mécaniques dont elles ont besoin pour activer leurs propres capacités d'adaptation et de réparation.

Créer les meilleures conditions pour que le corps se répare


Si les cellules sont les véritables architectes de la réparation, elles ne travaillent pas de manière isolée. Leur efficacité dépend de l'environnement dans lequel elles évoluent.


On peut comparer une cellule à un artisan extrêmement compétent. Même avec tout son savoir-faire, elle aura du mal à construire un bâtiment si elle manque de matériaux, d'énergie ou si le chantier est constamment perturbé.


Il en va de même pour nos tissus.


Pour réparer un tendon, un ligament ou un muscle, les cellules ont besoin d'un environnement favorable. Plus cet environnement est de qualité, plus elles disposent des ressources nécessaires pour reconstruire un tissu solide et fonctionnel.


Plusieurs facteurs influencent directement cette capacité de réparation.


Le mouvement: un signal indispensable


Contrairement à une idée reçue, le repos complet est rarement la meilleure solution lorsqu'il se prolonge.


Une mise en charge progressive et adaptée permet aux cellules de recevoir les informations mécaniques dont elles ont besoin pour organiser la reconstruction du tissu. À l'inverse, une immobilisation excessive peut ralentir le remodelage et diminuer les qualités mécaniques des tissus.


L'objectif n'est donc pas de choisir entre repos ou activité, mais de trouver la bonne dose de mouvement, au bon moment.


Le sommeil: le temps de la reconstruction


Une grande partie des processus de réparation s'intensifie pendant le sommeil.


C'est durant cette période que l'organisme libère différentes hormones impliquées dans la récupération, que les protéines nécessaires à la reconstruction sont synthétisées et que de nombreux mécanismes cellulaires sont optimisés.


Dormir suffisamment n'accélère pas miraculeusement la cicatrisation, mais un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut la ralentir.



L'alimentation: fournir les matériaux


Les cellules ne peuvent fabriquer du nouveau collagène sans disposer des éléments nécessaires.


Les protéines, certains vitamines et minéraux, ainsi qu'un apport énergétique adapté participent à la synthèse des nouveaux tissus.


L'objectif n'est pas de rechercher un aliment "miracle", mais d'offrir quotidiennement à l'organisme les ressources dont il a besoin pour reconstruire efficacement.


L'activité physique: entretenir un organisme capable de s'adapter


La réparation d'un tissu ne dépend pas uniquement de la zone blessée.


L'état général de l'organisme joue également un rôle important. Une activité physique régulière améliore notamment la circulation sanguine, la sensibilité des tissus aux contraintes mécaniques, la fonction musculaire et de nombreux paramètres métaboliques impliqués dans la cicatrisation.


En d'autres termes, un organisme en bonne santé répare généralement plus efficacement.


Les thérapies: accompagner les mécanismes naturels


Lorsque cela est indiqué, certaines approches thérapeutiques peuvent compléter ce travail biologique.


L'exercice thérapeutique, la thérapie manuelle, le dry needling, les ondes de choc ou encore la TECAR n'ont pas pour objectif de remplacer les capacités de réparation du corps.


Leur rôle est de créer, chacune selon des mécanismes différents, un environnement susceptible de favoriser les processus naturels de cicatrisation.


Le choix de ces outils dépend toujours du tissu concerné, du stade de réparation, des objectifs du patient et des données scientifiques disponibles.


Au final, la réparation tissulaire ne repose jamais sur une technique unique.

Elle résulte de l'interaction entre les capacités naturelles du corps, les habitudes de vie et les différentes interventions thérapeutiques qui peuvent accompagner ce processus.


La meilleure prise en charge n'est donc pas celle qui fait le plus de choses, mais celle qui fournit aux cellules les meilleures conditions pour accomplir leur travail.


📦 Changer de regard

Les cellules savent réparer les tissus depuis des millions d'années. Notre rôle n'est pas de leur apprendre leur métier, mais de leur offrir l'environnement le plus favorable pour qu'elles puissent l'exercer dans les meilleures conditions.

Conclusion


Pendant longtemps, nous avons considéré la douleur comme un simple symptôme à faire disparaître et l'inflammation comme un phénomène à combattre. Les progrès de la biologie et de la médecine régénérative nous invitent aujourd'hui à adopter une vision plus nuancée.


Nos tissus ne sont pas des structures inertes. Ce sont des organismes vivants, capables de s'adapter, de communiquer et de se reconstruire en permanence. Lorsqu'une blessure survient, des milliards de cellules se mobilisent pour protéger le tissu, coordonner la réparation puis restaurer progressivement ses propriétés mécaniques.


Cette capacité de réparation est exceptionnelle, mais elle dépend de nombreux facteurs : la qualité de la réponse inflammatoire, le mouvement, le sommeil, l'alimentation, la mise en charge progressive et, lorsque cela est indiqué, une prise en charge thérapeutique adaptée.


L'objectif n'est donc pas de lutter contre le corps, mais de travailler avec lui.


C'est précisément la philosophie de l'ostéopathie régénérative : comprendre les mécanismes naturels de réparation afin de créer les meilleures conditions possibles pour que les cellules puissent accomplir leur travail.


Les mains du thérapeute ne reconstruisent pas les tissus. Elles transmettent des informations. Ce sont les cellules qui réalisent la réparation.


Changer de regard sur l'inflammation, c'est aussi changer de regard sur la douleur et sur la guérison. Derrière chaque tissu qui cicatrise se cache une formidable capacité d'adaptation que la science continue de découvrir. Mieux la comprendre permet d'envisager une prise en charge plus respectueuse de la biologie du corps et plus adaptée aux besoins de chaque patient.


📦 A retenir

✔️ L'inflammation est la première étape de la réparation tissulaire.


✔️ La cicatrisation se déroule selon plusieurs phases qui peuvent s'étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.


✔️ Les cellules utilisent les contraintes mécaniques comme un véritable langage biologique.


✔️ Le mouvement, le sommeil, l'alimentation et une prise en charge adaptée créent un environnement favorable à la réparation.


✔️ L'ostéopathie régénérative vise à accompagner les capacités naturelles d'adaptation et de réparation des tissus.


En pratique

Chaque douleur est différente, chaque tissu cicatrise à son propre rythme et chaque patient possède des capacités d'adaptation qui lui sont propres. C'est pourquoi une évaluation individualisée est essentielle afin de comprendre l'origine de vos symptômes et de déterminer les stratégies les plus adaptées à votre situation.


Si vous souhaitez bénéficier d'une prise en charge fondée sur les connaissances actuelles en réparation tissulaire, en biomécanique et en médecine régénérative, je vous accueille au cabinet pour construire avec vous un programme personnalisé, associant si nécessaire thérapie manuelle, exercice thérapeutique, dry needling, TECAR, ondes de choc et conseils adaptés à votre situation.



A propos de l'auteur: Boris Laub, Ostéopathe D.O.


Boris Laub Ostéopathe

Boris Laub est un ostéopathe, fort d'une riche expérience dans le domaine de l'ostéopathie, acquise depuis 2007. Ancien sportif de haut niveau en basket-ball, il a découvert les bienfaits de l'ostéopathie dès son plus jeune âge, ce qui l'a conduit à embrasser cette profession avec passion. Diplômé en kinésithérapie et en ostéopathie à Paris (Fondation EFOM Boris Dolto), ainsi qu'en anatomie à l'Université de Bordeaux, Boris est constamment à la recherche de nouvelles techniques et approches pour améliorer sa pratique et la prise en charge de ses patients. Il partage également son savoir et son expérience en tant qu'enseignant et formateur dans des instituts de formation en ostéopathie et en kinésithérapie. Basé à Espère, Boris Laub est dédié à fournir des soins personnalisés, visant à améliorer le bien-être et la qualité de vie de ses patients.


Bibliographie


Akhurst, R. J., & Hata, A. (2012). Targeting the TGFβ signalling pathway in disease. Nature Reviews Drug Discovery, 11(10), 790–811.https://doi.org/10.1038/nrd3810


Eming, S. A., Martin, P., & Tomic-Canic, M. (2014). Wound repair and regeneration: Mechanisms, signaling, and translation. Science Translational Medicine, 6(265), 265sr6.https://doi.org/10.1126/scitranslmed.3009337


Eming, S. A., Wynn, T. A., & Martin, P. (2017). Inflammation and metabolism in tissue repair and regeneration. Science, 356(6342), 1026–1030.https://doi.org/10.1126/science.aam7928


Gurtner, G. C., Werner, S., Barrandon, Y., & Longaker, M. T. (2008). Wound repair and regeneration. Nature, 453(7193), 314–321.https://doi.org/10.1038/nature07039


Klatte-Schulz, F., Thiele, K., Scheibel, M., Duda, G. N., & Wildemann, B. (2022). The role of inflammation in tendon healing. Cells, 11(4), 684.https://doi.org/10.3390/cells11040684


Medzhitov, R. (2008). Origin and physiological roles of inflammation. Nature, 454(7203), 428–435.https://doi.org/10.1038/nature07201


Serhan, C. N. (2014). Pro-resolving lipid mediators are leads for resolution physiology. Nature, 510(7503), 92–101.https://doi.org/10.1038/nature13479


Serhan, C. N., & Savill, J. (2005). Resolution of inflammation: The beginning programs the end. Nature Immunology, 6(12), 1191–1197.https://doi.org/10.1038/ni1276


Tidball, J. G. (2017). Regulation of muscle growth and regeneration by the immune system. Nature Reviews Immunology, 17(3), 165–178.https://doi.org/10.1038/nri.2016.150


Wynn, T. A., & Vannella, K. M. (2016). Macrophages in tissue repair, regeneration, and fibrosis. Immunity, 44(3), 450–462.https://doi.org/10.1016/j.immuni.2016.02.015


Références complémentaires (mécanobiologie)

Ingber, D. E. (2006). Cellular mechanotransduction: Putting all the pieces together again. FASEB Journal, 20(7), 811–827.https://doi.org/10.1096/fj.05-5424rev


Jaalouk, D. E., & Lammerding, J. (2009). Mechanotransduction gone awry. Nature Reviews Molecular Cell Biology, 10(1), 63–73.https://doi.org/10.1038/nrm2597


Wang, J. H.-C. (2006). Mechanobiology of tendon. Journal of Biomechanics, 39(9), 1563–1582.https://doi.org/10.1016/j.jbiomech.2005.05.011

Commentaires


Bandeau décoratif rouge bordeaux

Suivez moi sur les réseaux

  • Instagram
  • Facebook
  • LinkedIn

© 2020 par M LAUB Boris. 5, rue Principale 46090 Espère. Tél. 05 65 21 74 16

Contactez-nous

bottom of page